Steven Wilson – The raven that refused to sing (and other stories)
Steven Wilson est un cas. Et son parcours aura créé, à son insu, un agaçant paradoxe. D’un côté, le leader de Porcupine Pree est aujourd’hui reconnu par ses pairs et par une bonne partie de la presse spécialisée comme l’homme qui a su donner enfin un nouveau souffle au prog-rock moderne. De l’autre, l’éclectisme et le (relatif) succès populaire de sa carrière n’en finissent pas de susciter moult suspicions dans les rangs frileux d’une certaine arrière-garde : aux yeux de celle-ci, ce Wilson-là serait bien trop prolixe pour être honnête, menant sa carrière avec l’opportunisme d’un simple business-man dont il faudrait seulement reconnaître le grand talent pour le recyclage. Pour ... Lire la suite
Anathema – Weather systems
Le temps maudit des galères semble bel et bien révolu pour Anathema. Et l’accélération aussi récente que bienvenue de son histoire discographique en est la réjouissante illustration. Orphelin dès 2004 de son label Music for Nations, le groupe des frères Cavanagh avait mis sept longues années pour avoir enfin les moyens de donner un véritable successeur au Natural Disaster de 2003. Désormais sous la coupe de Kscope, le label dit de « post progressive », Anathema n’en finit plus de rattraper le temps perdu : au point que ce Weather systems est déjà sa quatrième livraison depuis quatre ans. Hindsight, en 2008 puis Falling Deeper en 2011 n’étaient certes que des relectures acoustiques ... Lire la suite
Touch – Touch
Comme son seul nom l’indique, le rock progressif ne s’est pas fait en un jour. Et s’il est généralement admis que sa maturation s’est opérée quelque part entre le détonateur Sgt Pepper’s de 1967 et le révélateur In the court of the Crimson King de 1969, avec entre les deux de valeureux et brillants pionniers nommés Procol Harum, Moody Blues, Soft Machine, Pink Floyd, The Nice ou encore Renaissance, l’histoire supposée officielle a peut-être oublié de retenir également des défricheurs moins voyants mais non moins méritants. Touch, dont l’incontournable label Esoteric Recordings nous fait le bonheur de rééditer l’unique album, est de ces aventuriers injustement oubliés. Dans un genre dont ... Lire la suite
Jethro Tull’s Ian Anderson – Thick as brick 2
Faire la suite de Thick as a brick, le monument donné au rock progressif par Jethro Tull en l’an de grâce 1972 ! Le pari de Ian Anderson semblait si osé, pour ne pas dire franchement casse-gueule, qu’il aura au départ suscité, y compris chez les fans, sans doute plus de craintes que d’espérances. D’autant qu’un tel retour vers le passé a longtemps rebuté l’auteur de « Living in the past », malgré moult propositions et suggestions en ce sens. Il faut croire que Derek Schulman, l’ex-membre de Gentle Giant, aujourd’hui producteur avisé, se sera montré plus convaincant lorsqu’il suggéra à son tour au leader-chanteur-flûtiste-compositeur de Jethro Tull de faire jaillir du neuf en ... Lire la suite
RPWL – Beyond man and time
Dans un monde meilleur, RPWL passe forcément en boucle sur les stations FM. Cet atypique groupe allemand (en concert à Bordeaux le 29 mai), ancien éminent spécialiste de reprises de Pink Floyd, a su au fil des années 2000 se forger une vraie identité tout en empruntant intelligemment aux glorieux aînés : à Pink Floyd donc (plutôt tendance Gilmour pour faire court) mais aussi à un certain romantisme english et seventies hérité de Manfred Mann, de Camel ou du Genesis période 76-78. Il faut dire que sous ses contours inoffensifs voire gentillets, RPWL dispose d’armes tout à fait redoutables : la voix suave et « gilmourienne » de Yogi Lang, la guitare planante de Kall ... Lire la suite
Flying Colors – Flying Colors
En ces temps de concurrence exacerbée, la bonne vieille recette du « super groupe » (faire du neuf avec du vieux, mais que du prestigieux) reste une valeur refuge pour susciter la curiosité par anticipation. Le sieur Bill Evans, producteur de son état, l’a bien compris, en (re)lançant l’idée, qui aura finalement abouti à cette nouvelle entité baptisée Flying Colors. Avec rien moins que Steve Morse (Deep Purple, Dexie Dregs) à la guitare, Dave Larue (Dexie Dregs encore, Satriani) à la basse, Neal Morse (ex-Spock’s Beard, Transatlantic) aux claviers, et Mike Portnoy (ex-Dream Theater, Transatlantic toujours) aux baguettes, Flying Colors était par nature bien né. A ces briscards accomplis du rock ricain ... Lire la suite
Kate Bush- 50 words for snow
Autant l’avouer : on s’est un peu méfié de l’enthousiasme bon teint et quasi-unanime qui a accueilli en novembre 2011 la sortie de ce très attendu nouvel album studio de Kate Bush. Quelques mois plus tôt, The Director’s Cut, où la surdouée anglaise se contentait de revisiter des titres de deux albums déjà anciens (The Sensual world -1989- et The Red shoes -1993), avait déjà suscité dans cette presse que l’on dit « bobo » un engouement critique auquel il était permis de ne pas souscrire totalement. Car soyons juste : l’intérêt de ces nouvelles versions ne dépassait guère celui d’un (bon) disque live… que l’auteure de « This woman’s work » ne manquerait pas de ... Lire la suite
King Creosote & Jon Hopkins – Diamond mine
Certains disques sont des miracles. Né d'une collaboration au long cours, Diamond Mine est de ceux-là. D’un côté, l’Ecossais King Creosote, nom de scène du chanteur folk Kenny Anderson. De l’autre, le Londonien Jon Hopkins, multi-instrumentiste électronica qui a déjà croisé, entre autres, les routes de Coldplay et de Brian Eno. Ne suivant que leurs envies, ces deux-là ont vraiment pris leur temps. Au point qu'il leur aura fallu près de sept ans pour accoucher des sept morceaux et de la demi-heure (32’11 pour être précis) magnifiquement frustrante que dure ce Diamond Mine, conçu en partie comme une vision romantique de la péninsule écossaise East Neuk of Fife. Oui, mais voilà, ... Lire la suite
Tori Amos – Night of hunters
Régulièrement adepte d’un symphonisme pop haut-de gamme, Tori Amos a-t-elle cette fois complètement basculé du côté « musique classique » de la force ? A ceux qui seraient tentés de reprocher à l’Américaine la prétention manifeste de ce projet « classisant » qu’est Night of Hunters, précisons un détail qui a son importance : c’est bien le prestigieux label Deutsche Grammophon qui a sollicité l’artiste pour lui proposer de composer un «song cycle » directement issu de thèmes classiques. Et l’on est bien obligé d’admettre qu’en disant oui, Tori Amos a été grandement inspirée. Musicalement, les 14 titres de cette « nuit des chasseurs » s’articulent donc autour de thèmes composés ... Lire la suite
Philippe Cauvin – Climage
Qui se souvient de Philippe Cauvin ? Au début des années 80, le créateur du groupe progressif Uppsala avait publié deux albums salués par la critique mais qui n'avaient pas empêché la carrière du guitariste de sombrer peu à peu dans l'oubli. Il faut dire que Cauvin et sa musique lunaire, quelque part entre avant-garde et guitare classique, débarquaient sans doute au plus mauvais moment, comme piégés par cette décennie froide, lourde et matérialiste qui ne pouvait que leur être hostile. Ni jazz, ni classique, ni contemporain, ni rock mais un peu de tout ça à la fois, cette musique-là ne pouvait alors guère susciter que l'admiration de spécialistes avisés ... Lire la suite

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