No-Man – Speak

No-Man- Speak

Ce mélange de froide élégance et de romantisme mélancolique, magnifié par le chant de Tim Bowness.

Au vu des multiples activités de Steven Wilson, on aurait pu trembler pour l’existence de No-Man, le plus discret et le plus ancien, mais pas le moins intéressant, des groupes formés par l’infatigable Anglais (en fait un duo, rappelons-le, avec le chanteur Tim Bowness). En 2005, Wilson rappelle au contraire son attachement à cette importante facette de sa carrière, avec une réédition bienvenue qui renvoie aux débuts du tandem magique (renforcé encore à l’époque, au moins pour quatre morceaux, par le violoniste Ben Coleman).

Speak regroupe en fait des morceaux écrits et enregistrés en 1988-1989, à l’exception de deux titres enregistrés quant à eux en 1999 à l’occasion de la première parution en CD de l’album sur un obscur label italien. La nouvelle version a fait l’objet d’une remastérisation et un morceau supplémentaire de 11 minutes, proche de l’ambiant, a été ajouté en guise de bonus. Soyons clair : ceux qui connaissent déjà et apprécient le minimalisme à la fois éthéré et profond de No-Man doivent sans plus attendre se procurer ce Speak. Car ce disque n’est pas pour rien considéré par Wilson et Bowness comme référentiel et fondateur de l’esprit No-Man  : il annonce bel et bien les merveilles qui devaient suivre (merveilles que l’on recommande quand même en priorité aux profanes pour une première approche, notamment le Returning Jesus de 2001 ou le Schoolyard Ghosts de 2009), avec déjà ce mélange de froide élégance et de romantisme mélancolique, magnifié par le chant de Tim Bowness. A signaler, au milieu des compositions originales du duo, deux reprises inspirées : « Pink Moon » de Nick Drake et surtout, réellement magique, « River song » de Donovan. Encore une nouvelle pièce importante à verser à l’épais dossier Wilson, touche-à-tout si doué qu’il faudrait pouvoir le clôner…

Frédéric Delâge