RPWL – Beyond man and time

RPWL- Beyond man and time

Sous ses contours inoffensifs voire gentillets, RPWL dispose d’armes tout à fait redoutables…

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Dans un monde meilleur, RPWL passe forcément en boucle sur les stations FM. Cet atypique groupe allemand (en concert à Bordeaux le 29 mai), ancien éminent spécialiste de reprises de Pink Floyd, a su au fil des années 2000 se forger une vraie identité tout en empruntant intelligemment aux glorieux aînés : à Pink Floyd donc (plutôt tendance Gilmour pour faire court) mais aussi à un certain romantisme english et seventies hérité de Manfred Mann, de Camel ou du Genesis période 76-78.

Il faut dire que sous ses contours inoffensifs voire gentillets, RPWL dispose d’armes tout à fait redoutables : la voix suave et « gilmourienne » de Yogi Lang, la guitare planante de Kall Wallner (les deux survivants du R.P.W.L. originel, depuis le départ du « P », Chris Postl, remplacé à la basse par Werner Taus). Mais aussi, et même surtout, un talent mélodique rare, voire exceptionnel, la précieuse faculté d’inventer des ritournelles moelleuses et touchantes, d’enfiler des petites perles pop ou progressives quand elles ne le sont pas les deux à la fois. Influencé en partie par le message d’ « Ainsi parlait Zarathustra », et mettant en scène certains de ses personnages, le voyage du protagoniste de ce Beyond man and time, concept-album humaniste et jamais prétentieux, nous livre un RPWL fidèle à sa meilleure réputation. Bien sûr, sur la longueur, on n’évite pas de relatives baisses d’intensité, le démarrage se fait un brin mollasson sur les trois premiers morceaux, « The road to creation » manque un peu de relief… Mais pour le reste, que de petites merveilles mêlant simplicité, puissance, finesse, de la rengaine entêtante d’ « Unchain the earth » à la tendresse sereine de «The noon » en passant par les méandres célestes du fantastique « The wise in the desert » (pas très loin du Marillion de Marbles ou du Peter Gabriel le plus récent). Et puis bien sûr, il y a « The fisherman », pièce de résistance de 16 minutes, qui touche peut-être à la quintessence de l’art de RPWL : une discrète pincée de psychédélisme baba-cool et aérien, et une bonne dose de « néo-prog » ouvrant des tiroirs un brin fleur bleue et acidulés, mais supérieurement inspirés. Oui, dans un monde meilleur, les meilleurs morceaux de Beyond man and time passent forcément en boucle sur les stations FM…

Wikipedia: RPWL is a German progressive rock band. »

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Frédéric Delâge