Spleen Arcana – The field where she died

Spleen Arcana- The field where she died

Ce premier essai recèle ainsi de belles promesses, en particulier son ultime morceau, l’excellent « A kind of heaven ».

Entre metal et musique progressive, il est des Frenchmen qui tracent discrètement leur route. En 2008, la révélation Demians avait consacré bien au-delà de nos frontières le talent  et la maîtrise étonnamment précoce de son mentor Nicolas Chapel. Dans un style relativement proche, bien que moins mature pour l’instant, déboule en 2009 Julien Gaullier, multi-instrumentiste autodidacte aux influences multiples, de Led Zeppelin aux grands noms de la progressive. Revendiquant son identité d’humble artisan, le musicien de 28 ans a mis il y a quelques mois sur le net en téléchargement gratuit (www.spleenarcana.com) son premier essai, dont la magnifique pochette un rien gothique devrait à elle seule inciter ceux qui seront séduits par sa musique à acquérir le véritable album. Les amateurs de démonstrations instrumentalo-métalliques au kilomètre pourront passer leur chemin : si cet univers-là puise donc son inspiration essentiellement du côté du metal et du rock progressif, il a le bon goût de préférer le fond à la forme, exprimant une mélancolie atmosphérique, une sorte d’impressionnisme sombre et contemplatif, qui peut parfois évoquer Anathema. Le principal défaut dans la cuirasse vient incontestablement du chant, un peu traînant et parfois un rien agaçant. Mais si Julien Gaullier n’est pas un chanteur très convaincant , il est en revanche déjà un compositeur et un instrumentiste qui font beaucoup mieux que tenir la route . Ce premier essai, certes imparfait, recèle ainsi de belles promesses, en particulier son ultime morceau, l’excellent « A kind of heaven »,  qui déploie ses dix minutes jusqu’à un final inattendu en forme de clin d’œil, volontaire ou pas, au Mike Oldfield de Ommadawn. Pour peu que Spleen Arcana parvienne à résoudre (ou à contourner) cet aspect vocal trop faiblard, on est prêt à parier qu’un bel avenir lui appartient.

Frédéric Delâge