Franck Carducci- Torn Apart

ranck Carducci- Torn Apart

En 2011, le premier disque en solo de Franck Carducci, Oddity, avait permis de découvrir l’univers d’un chanteur et multi-instrumentiste déjà chevronné, marqué tant par un professionnalisme sans peur et sans reproches que par des influences très voyantes, en premier lieu celles de Pink Floyd et du Genesis des seventies. Pour ce deuxième chapitre, ce Français qui n’a techniquement pas grand chose à envier aux meilleurs anglo-saxons (autant pour ses performances vocales et instrumentales que pour la qualité des musiciens qui l’accompagnent ou la production de l’ensemble) fait mieux que confirmer les belles dispositions entrevues sur Oddity. Bien sûr, on pourra toujours ergoter en soulignant le poids écrasant de l’héritage sixties-seventies dans cette mécanique bien huilée qui sonne souvent comme un hommage orthodoxe aux inventeurs (et pas seulement à Steve Hackett, mentor de Carducci, qui fait ici parler sa guitare sur un morceau). Seulement, au-delà d’un kaléidoscope d’influences immédiatement reconnaissables, la musique de Franck Carducci brille d’abord par sa maîtrise, son énergie, et une évidente sincérité. D’autant que Torn Apart sait se parer de couleurs variées, alternant le lyrisme cher au progressif et un côté plus terrestre et plus rock’n roll, comme en témoignent le langoureux « Closer To Irreversible » (aux accents Beatles tendance « Oh ! Darling ») ou la fièvre bluesy de « Mr Hyde & Dr Jekyll ». De la fougue enjouée du morceau-titre, qui ouvre superbement l’album, jusqu’à une poignée de longs titres épiques mêlant claviers acidulés à la sauce néo-prog, passages bucoliques à la Genesis, harmonies vocales et mélodies pop pouvant évoquer au détour Electric Light Orchestra, Toto, Tears For Fears ou Supertramp (une reprise fidèle de « School » clôt d’ailleurs le disque), le plaisir de Franck Carducci s’épanouit dans un style patchwork qu’on peut rapprocher du meilleur The Flower Kings. Et il finit par se faire communicatif.

Frédéric Delâge

Franck Carducci – Oddity

Franck Carducci-Oddity

Artiste français expatrié à Amsterdam, multi-instrumentiste et chanteur chevronné, Franck Carducci n’est pas du genre à cacher ses admirations. Fan absolu de Pink Floyd et du Genesis des seventies, il revendique sa filiation sans prétention mais sans complexe. Au-delà d’une reprise dispensable de « Carpet crawlers » ou de la participation du flûtiste John Hackett (le frère du guitariste que vous savez), son Oddity a ainsi parfois du mal à se démarquer de l’ombre des deux géants qu’il chérit, n’était la pop bluesy de « Alice’s eerie dream ».

Sans compter qu’une poignée de citations, volontaires ou pas (le jam d’ « Echoes » sur « The last oddity » notamment), donne au disque des allures d’hommage un poil trop lisse et trop appuyé. Oui, mais l’ensemble est impeccablement joué, chanté, produit et transpire la passion et la sincérité.

Et puis surtout, les 15 minutes du premier titre, « Achilles », seule composition à intégrer ses influences sans en porter le poids à l’excès, dessinent un vrai morceau de bravoure, décollant magnifiquement sur son final. Ne serait-ce que pour le talent d’ « Achilles », Oddity mérite le détour.

Frédéric Delâge