Noëtra- Résurgences d’errances

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Muséa continue d’exhumer les trésors oubliés de Noëtra, inclassable groupe périgourdin déjà évoqué ici. Résurgences d’errances s’attache à la période 1978-1981, avec 11 morceaux live, dont trois issus du concert de 1981 qui attira l’attention du fameux label ECM, promesse malheureusement restée sans suites. Noëtra aurait pu rester définitivement un groupe maudit et il faut vraiment rendre grâce à Muséa d’avoir sauvé de l’oubli ce joyau méconnu. Arpèges évanescents de Jean Lapouge, échappées délicates de hautbois, de flûtes ou de violon, entre jazz progressiste et moderne musique de chambre, Résurgences d’errances est une nouvelle pièce à verser à un dossier que tous les amateurs de Rock in opposition et autres musiques instrumentales intelligentes et aventureuses seraient inspirés de consulter…

Frédéric Delâge

Noëtra- Live 83

Noetra- Live 83

Et si, avec un décalage de vingt-cinq ans, la musique de Noëtra rencontrait enfin, au moins en partie, la reconnaissance et le public qu’elle mérite ? C’est du moins à espérer grâce à la réédition récente par Muséa des deux excellents albums studio de cet inclassable groupe périgourdin, et peut-être encore davantage, grâce à la parution de ce concert sans public jusqu’ici inédit, enregistré en 1983 pour la station locale de Radio France.

Noëtra, c’est d’abord le projet du talentueux guitariste/compositeur Jean Lapouge, associé au multi-instrumentiste (hautbois, flûte à bec) Christian Paboeuf et, sur ce concert, à un second soliste, le violoniste Pierre Aubert, sans oublier le bassiste Denis Lefranc et le batteur Daniel Renault. Approché dans les années 80 par le prestigieux label jazz ECM, Noëtra souffrit sans doute des contingences d’une décennie beaucoup plus matérialiste et « segmentante » que la précédente : ni vraiment rock, ni tout à fait jazz, la musique de Lapouge & Co échappait trop aux étiquettes rassurantes pour séduire tout à fait une tribu particulière. Raison de plus pour découvrir aujourd’hui cet univers à la fois riche, subtil, délicat, surprenant et prenant, et sans doute jamais autant magnifié que sur ce live au son excellent, où la dextérité des musiciens, des arpèges hypnotiques de Lapouge aux solis de hautbois et violon, reste en permanence au service d’une émotion majuscule, tour à tour atmosphérique, évanescente, sombre, intelligemment minimaliste ou formidablement dense…

Les amateurs de l’école de Canterbury (tendance Hatfield and the North/ National Health) devraient y trouver leur compte, ceux du rock de chambre façon Univers Zéro voire Art Zoyd pourraient carrément adorer cette petite merveille de live. Entre jazz et musique progressive, Noëtra (voir aussi ici) était certes inclassable mais sa musique avait assurément l’élégance et la classe…

Frédéric Delâge